Recherche temps à acheter

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Note de l’éditeur : Zyncro se préoccupe pour les processus de gestion du temps et du travail. Nous cherchons à ce que les réseaux sociaux d’entreprise les simplifient et nous permettent de gagner du temps pour d’autres choses. Si quelqu’un vous vendait du temps, accepteriez-vous d’en acheter ?

Moi, je suis preneur : j’achète du temps à quiconque veut bien m’en vendre. À qui ne sait pas quoi en faire. À qui estime qu’il ou elle n’en tire pas profit en travaillant tous les jours à un poste qui ne le ou la motive pas ou qui fait ce qui ne l’intéresse pas.

Est-ce votre cas ? Je suis sûr que nous nous mettrons d’accord, cela ne fait pas le moindre doute. Le prix ? Je ne sais pas. Je n’ai jamais pensé à vendre le mien. Dites-moi ce qui vous semble un prix équitable. Faites-moi un devis à l’heure, à l’année. C’est comme bon vous semble. En fin de compte, c’est votre temps. Pour le moment, bien sûr. Pour combien le vendez-vous à votre patron en ce moment ? Je vous en offre le double.

Ne nous méprenons pas : je n’achète pas de l’argent, je parle bien d’acheter du temps. Oui, je sais, le temps c’est de l’argent. Mais pour moi, c’est beaucoup plus que cela : c’est la chose la plus précieuse dont nous disposons. L’argent, ça va et ça vient ; le temps ne revient jamais ! Peut-être que cela vous semblera une idée folle, mais je refuse de séparer mon temps entre « travail » et « vie personnelle », entre affaires et affaires personnelles. En fait, toute personne qui travaille à faire ce qui la passionne peut affirmer qu’elle travaille tout le temps ou qu’elle ne travaille jamais. Ce n’est qu’une question d’angle de vue.

Et c’est pour ça que je cherche plus de temps. Je ne sais pas à quel moment vous avez décidé de sacrifier onze mois par an à faire ce que vous n’aimez pas faire en échange d’un mois de vacances. J’ai du mal à comprendre comment on peut y voir une bonne affaire. Même si vous le faites en échange d’un très bon salaire, vous aurez sans doute remarqué que même l’argent suppose du temps pour pouvoir en profiter.

Quand la vie touche à sa fin, la plupart des gens demandent plus de temps, pas plus d’argent. Certains se plaignent de prendre conscience un peu tard qu’ils vont mourir avec le compte courant plus plein que leur âme. À quel point ils ont mal vendu leur temps. Ils réalisent alors que, quand il est trop tard, n’est pas le plus riche celui qui possède le plus, mais bien celui qui nécessite le moins.

Joan Alvares est fondateur de Poko et professeur à l’Istituto Europeo di Design.